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Le conflit social le plus long des dernières décennies en Alsace vient de connaitre une issue victorieuse pour les salarié-e-s, le 10 juin à 22h, avec la signaturé du protocole de fin de conflit entre les différentes parties (salarié-e-s, représentant du groupe Séché environnement, Préfet du Bas- Rhin, Président de la CUS).
Il a fallu 84 jours de lutte, de détermination, de cohésion des 41 grévistes pour que l’évidence s’impose et soit actée dans un document contractuel entre les salarié-e-s et la direction de l’usine d’incinération des ordures ménagères de la CUS.
Pendant 4 ans, depuis la reprise en 2010 de la Délégation de Service Public par le groupe Séché, les salarié-e-s de Senerval ont été exposés à des risques majeurs pour leur santé. C’est leur perception commune de ce danger qui a produit une volonté extraordinaire, une combattivité exceptionnelle afin de ne plus vivre l’insupportable.
Le fonctionnement dégradé de l’usine a été la conséquence de l’absence d’une véritable politique de maintenance préventive et d’une volonté de faire de la productivité à outrance avec une installation vétuste. Au lieu de répondre aux alertes des délégués du personnel, le groupe Séché a procédé à 4 remplacements de la direction de Senerval sans aucun effet sur l’exploitation de l’usine. Les salarié-e-s, du fait des incidents à répétition (90 en 2013), ont été exposés à des cendres toxiques contenant des agents CMR. Ils n’ont pas bénéficié d’équipements de protection individuelle adaptés ni d’équipements collectifs permettant de pallier les effets des rejets des poussières et des fumées. La mise en demeure effectuée par l’inspection du travail exigeant l’installation de ces protections a été ignorée. Les poussières toxiques ont circulé librement autour de l’usine sans limitation de portée et ont été respirées par la population environnante. C’est l’intervention du Préfet, sollicité par la CGT, qui a, par la publication de deux arrêtés préfectoraux ,contraint l’entreprise à s’engager à planifier et à exécuter les travaux indispensables. Cet engagement des pouvoirs publics, mais surtout la grève, les manifestations et les blocages du site de l’usine ont permis un processus de négociations sérieuses à partir du 26 mai.
Le contenu du protocole et de ses annexes répondent à l’essentiel des revendications des salarié-e-́s en matière de conditions de travail. La direction s’est en particulier engagée à ne pas dépasser 4 arrêts par ligne d’incinération par an liés à des incidents. Cet engagement nécessite un outil parfaitement entretenu et rend possible le retour à terme d’ un fonctionnement optimum de l’usine. Les salarié-e-s ont également gagné la création de 5 emplois générant aussi une amélioration des conditions de travail. L’accord final traduit bien le bien fondé du combat mené pendant ces 84 jours, il atteste la reconnaissance pleine et entière de la situation désastreuse qu’ils n’ont pas cessé de dénoncer depuis le début.
Les salarié-e-s ont obtenu le versement d’une prime de redémarrage de l’usine permettant de compenser partiellement les incidences financières de la grève. Elle représente 1,6 mois de salaire, couvrant la période de recours au droit de retrait qui a débuté le 23 avril. Les salarié-e-s perdent cependant le salaire correspondant à un mois de grève (comblé, en partie, par la solidarité financière interprofessionnelle syndicale).

Bravo à ce collectif (soutenu par certaines structures CGT) pour leur détermination, leur combativité, leur solidarité ... et pour avoir montré que la lutte a de l'avenir !

Tag(s) : #Blabla ...

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